POUR PARLER DE CONGIS

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Avez-vous lu l’édito du maire dans la dernière parution de la lettre d’information communale ?

Non ? Dommage !

Le maire (M. Elu) se lance dans de hautes considérations sur l’avenir du monde. Nous pouvons espérer que ceux qui nous dirigent pourront assimiler l’essence de sa pensée. Car il y véritablement matière à réflexions. Il nous incite même à penser, nous la pauvre base que nous sommes, allant jusqu’à nous informer de l’existence de Keynes en nous précisant la profession de cet homme. Il est vrai que pour les ignares que nous sommes, la précision avait tout son sens.

Vous aurez compris que les états d’âme du premier magistrat de la commune méritent qu’ils soient rendus publics. Surtout que n’importe qui n’hésite pas à présenter les mêmes aux « cafés du commerce »…

Mais franchement, pour alerter le monde, pourquoi utiliser le bulletin d’information municipale ? Pourquoi faire de cet instrument communal un support personnel de politique ? Support interdit d’expression à tout conseiller ne partageant pas toutes les idées du maire. Cette réflexion aurait été mieux dans « Le Monde » (voire dans « Le canard enchaîné »). Le maire n’a pas le droit de se servir de ce support pour sa communication personnelle ! Ce n’est pas son journal !

Nous aurions préféré des réflexions sur l’avenir de Congis. On aurait pu nous parler de la façon dont on réduira la dangerosité de la circulation dans Congis. On aurait pu nous parler de l’engagement du Conseil municipal pour aider les habitants à isoler leurs résidences thermiquement. On aurait pu nous parler des mesures à pendre pour que les bois ne soient pas transformés en dépôts d’ordures (quatre décharges relevées le 3 novembre entre le Pont des Carreaux et Villers). On aurait pu nous parler des investissements à faire dans les écoles pour que leurs équipements sortent du XXe siècle, sinon du XIXe.

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Autrement dit, le maire aurait pu nous montrer qu’il s’intéresse encore à l’avenir du village plutôt qu’à sa vision du monde. Il est vrai que 28 ans d’exercice, cela use au-delà du raisonnable. Les années de pouvoir ne rendent pas propriétaire de NOTRE village. Il me semble indispensable que le maire s’en souvienne avant de commettre son édito. Ou qu’il se taise.

Pour conclure je ne me pencherai pas sur le célèbre général athénien évoqué par le maire, que j’avoue mal connaître. J’en resterai au Sénèque romain, dit le philosophe, auquel on attribue naïvement habituellement la citation sur « le vent favorable ». Je rappellerai simplement qu’il se suicida en raison de ses choix politiques. Et je soulignerai qu’il fut l’éducateur de Néron… Dont on sait ce qu’il fit de sa ville.   

 

Pour l’avenir de Congis

Jean-Jacques Demantes